De Gaulle, le gaullisme et l’extrême droite.

Nous entendons dire par les partisans d’un ralliement à l’extrême droite -ou tout du moins pour certains un travail en commun avec ce camp- que de Gaulle en son temps acceptait n’importe qui en 40 et que « quand il y a le feu dans la maison on ne regarde pas la couleur du pompier ».

Hélas pour ces gens qui ne connaissent visiblement pas l’histoire de notre pays, nous nous voyons obligés de les démentir. Si de Gaulle eu accepté tous Français -d’où qu’ils viennent- pour tenir un fusil afin de libérer la France, il n’en fut pas de même pour la diriger. En effet aucun parti d’extrême droite ne fut représenté au sein du Conseil National de la Résistance et aucune personnalité d’extrême droite ne fut membre d’un gouvernement du général de Gaulle y compris en 1944 dans le gouvernement provisoire de la République*.

Historiquement -sur le point de vu politique- l’extrême droite fut le seul camp a n’avoir jamais travaillé ni de près ni de loin avec le général de Gaulle.

L’extrême droite n’a de cesse été politiquement anti-gaulliste, essayant d’abattre de Gaulle physiquement à plusieurs reprises et de le faire battre à l’élection présidentielle de 1965 en appelant -par l’intermédiaire de leur représentant, Jean-Louis Tixier-Vignancoury- à voter  François Mitterrand au second tour.

Au grand regret de certains, nous avons la tristesse de leur apprendre que la France n’est pas engagée sur son territoire dans une guerre armée et si la lutte doit s’opérer aujourd’hui pour la survie de notre pays, celle-ci doit s’organiser sur le plan politique ! Dans ces conditions ne soyons pas plus royaliste que le roi en voulant travailler, au nom du gaullisme, avec des gens que de Gaulle lui même avait refusé dans ses gouvernements !

Faire le pont entre la France résistante et Vichy fut l’ambition d’une personne comme le général Giraud, vouloir l’imiter signifierait donc ne pas se situer dans l’héritage du gaullisme mais du giraudisme !

Certains viendront alors nous dire « mais peut-être que de Gaulle aujourd’hui s’allierait avec eux ! » si nous ne savons pas ce que ferait de Gaulle aujourd’hui mort, nous savons ce qu’il faisait de son vivant et c’est sur cela que les gaullistes doivent se reposer. On ne peut faire du gaullisme contre de Gaulle !

*
http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Charles_de_Gaulle_(1)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Charles_de_Gaulle_(2)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Charles_de_Gaulle_(3)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Michel_Debr%C3%A9
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Georges_Pompidou_(1)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Georges_Pompidou_(2)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Georges_Pompidou_(3)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Georges_Pompidou_(4)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Maurice_Couve_de_Murville

La loi Macron, Valls et la diplomatie

Manuel Valls a donc utilisé l’article 49 alinéa 3 de nos institutions pour faire adopter le désastreux projet Macron.

Si nous comprenons que des socialistes authentiques puissent désapprouver cette loi, nous ne pouvons que constater que ces mêmes socialistes n’ont pas voté la motion de censure.

Les mandats étant désormais supérieurs aux intérêts de la France, ces députés n’ont pas voulu jouer avec le feu qui aurait probablement conduit à la dissolution de l’Assemblée Nationale et la perte pour nombre d’entre eux de leur mandat de député.

L’article 49-3 a été créé en 1958 dans nos institutions pour empêcher toute action des partis politiques qui tenteraient de bloquer le pouvoir exécutif, bref une mesure pour lutter contre le régime des partis. Hélas les dérives se font connaitre et ceux qui jadis parlaient de coup d’Etat permanent en mentionnant nos institutions sont probablement aujourd’hui ceux qui bâillonnent le plus le parlement.

Une autre solution s’offrait pourtant à Manuel Valls et au Président de la République, le recours au référendum. Mais peut-on réellement penser que ce gouvernement s’amuserait à donner la parole au peuple ? La démocratie s’arrête la où commence les intérêts particuliers !

L’esprit de grandeur et de rassemblement n’habite décidément pas nos gouvernants. Pauvre France !

Jacques Chaban-Delmas contre la division de la France en 2 camps…

Chaban (UDT)

Interview de Jacques Chaban Delmas par Georges Suffert, présidentielle 1974.


Georges Suffert:
 Mr Chaban-Delmas la situation est bizarre, votre principal adversaire est Mr Valérie Giscard D’Estaing, il était votre ministre des finances au moment où vous jetiez les bases de ce que vous appelez la nouvelle société. Ma question sera simple si c’est un conservateur comment ce fait-il que vous ne vous en êtes pas aperçu plutôt ? Et si c’était l’un de vos collaborateurs comment est-il devenu un conservateur ?

Jacques Chaban Delmas: Mr Suffert, à l’époque comme vous dîtes j’étais 1er ministre et Mr Giscard D’Estaing était mon ministre des finances et c’est moi qui tranchais et il a très correctement tenu compte de mes décisions, c’est pas une question d’homme en réalité il se passe depuis une quinzaine de jours en France un phénomène très important et très grave Mr Giscard D’Estaing est entrain de ressusciter la droite. Alors elle est badigeonnée, elle est ripolinée elle a l’air d’avoir l’âge de son champion alors qu’en réalité elle a l’âge de son ministère. Et alors il se passe ceci, c’est qu’elle se dresse en forteresse d’un côté d’où un antagonisme et c’est la qu’est le danger.

Le général de Gaulle avec son génie avait absorbé cette droite enfin, disons qu’il l’avait neutralisé et voila que Mr Giscard D’Estaing la ramène en pull over.

J’ai vu hier l’affrontement entre Mr Giscard D’Estaing et Mr Mitterrand c’était vraiment l’opposition des classes l’une contre l’autre et c’est précisément ce que le gaullisme a su éviter et c’est ce qu’il faut coute que coute éviter et c’est pour cela que je suis candidat.

Georges Suffert: Oui mais si vous arrivez avant Giscard D’Estaing au 1er tour vous allez exactement vous trouver dans la même position que lui aujourd’hui c’est à dire classe contre classe.

Jacques Chaban Delmas: Pas du tout Mr Suffert pas du tout ! On dit « le gaullisme n’intéresse plus personne » ou on dit « le gaullisme a été confiscé par l’état UDR » quelle plaisanterie. Qu’est ce que c’est le gaullisme ? C’est un effort de rassemblement national pour lutter contre le danger dominant. En 1940 le danger dominant c’était l’occupant. En 1958 le danger dominant c’était l’état qui se défaisait comme la France. Dans les 2 cas qu’est ce qu’a fait de Gaulle ? Il a montré le péril et puis il a foncé sur l’obstacle et aujourd’hui quel est le danger dominant ? C’est précisément la séparation de la France en 2 camps hostiles. Moi aussi j’aurai à rencontrer Mr Mitterrand mais ce sera tout à fait différent de sa rencontre avec Mr Giscard D’Estaing. De l’autre côté de la barrière artificielle qui nous sépare des socialistes, il y a des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui savent très bien que le gaullisme n’a jamais été contre le peuple au contraire, que le gaullisme n’a jamais été pour qu’il y ait d’un côté les riches de l’autre les oubliés, d’un côté les nantis de l’autre les pauvres, d’un côté les travailleurs et de l’autre les patrons c’est tout le contraire. Si Mr Giscard D’Estaing est en liste ce sera l’affrontement alors que si c’est moi ce sera tout différent, d’ailleurs les syndicats le savent très bien rappelez vous mes 3 ans de gouvernement c’était juste 1 an après mai 68 où soit dit en passant on avait déjà vu Mr Mitterrand déjà débordé par l’extrême gauche où tout était très instable et que c’est il passé ? Il s’est passé que j’ai établi la concertation, la politique contractuelle et alors on a vu le nombre de journée de grêve tomber en flèche et ça a été 3 ans de paix sociale.

Voila la différence profonde entre Mr Giscard D’Estaing et moi, c’est une différence politique. Et les modérés qui s’apprêtent à rejoindre la banière de Mr Giscard D’Estaing, ils devraient songer au grave péril qui résulterait pour la France précisément de cet affrontement et de l’atmosphère d’antagonisme social qui règnerait en France.

Georges Suffert: La question que des milliers de français vont se poser durant quelques jours à savoir s’ils doivent voter pour vous ou pour Mr Giscard D’Estaing au 1er tour et si vous pouvez gagner ?

Jacques Chaban Delmas: Non seulement je crois que je peux gagner mais je suis certain qu’il faut que je gagne et la il ne sagit pas de moi, il sagit de la France et des français et vous posez bien la question en effet et c’est à chacun d’y répondre en son âme et conscience, qu’elle est la question ? Savoir si la France va se diviser en 2 camps en 2 esprits en 2 manières de voir le monde et sans communication entre ces 2 camps prêts par conséquent à l’affrontement final. Voila la question !
Il est étonnant de voir combien la situation décrite par Jacques Chaban Delmas est plus que jamais d’actualité.

Il est important que les français se rendent compte qu’il ne va pas de l’intérêt de la société, donc de leurs propres intérêts, que de voir la France coupée en 2. Plus que jamais nous devons dire NON aux candidats de la droite et de la gauche qui ne feront qu’emplifier la division du peuple français.

La Nouvelle Société

BIO-JACQUES CHABAN-DELMAS-ASSEMBLEE NATIONALE

Le malaise que notre mutation accélérée suscite tient, pour une large part, au fait multiple que nous vivons dans une société bloquée. Mais l’espoir, qui peut mobiliser la nation, il nous faut le clarifier, si nous voulons conquérir un avenir qui en vaille la peine.

De cette société bloquée, je retiens trois éléments essentiels, au demeurant liés les uns aux autres de la façon la plus étroite : la fragilité de notre économie, le fonctionnement souvent défectueux de l’État, enfin l’archaïsme et le conservatisme de nos structures sociales.

Notre économie est encore fragile. Une preuve en est que nous ne pouvons accéder au plein emploi sans tomber dans l’inflation. C’est cette tendance à l’inflation qui nous menace en permanence d’avoir à subir la récession ou la dépendance.

Pourquoi cette fragilité ? Avant tout, à cause de l’insuffisance de notre industrie.

[…]

En effet, le fonctionnement défectueux de l’État et l’archaïsme de nos structures sociales sont autant d’obstacles au développement économique qui nous est nécessaire.

Tentaculaire et en même temps inefficace : voilà, nous le savons tous, ce qu’est en passe de devenir l’État, et cela en dépit de l’existence d’un corps de fonctionnaires, très généralement compétents et parfois remarquables.

Tentaculaire, car, par l’extension indéfinie de ses responsabilités, il a peu à peu mis en tutelle la société française tout entière.

Cette évolution ne se serait point produite si, dans ses profondeurs, notre société ne l’avait réclamée. Or c’est bien ce qui s’est passé. Le renouveau de la France après la Libération, s’il a mobilisé les énergies, a aussi consolidé une vieille tradition colbertiste et jacobine, faisant de l’État une nouvelle providence. Il n’est presque aucune profession, il n’est aucune catégorie sociale qui n’ait, depuis vingt-cinq ans, réclamé ou exigé de lui protection, subventions, détaxation ou réglementation.

Mais, si l’État ainsi sollicité a constamment étendu son emprise, son efficacité ne s’est pas accrue car souvent les modalités de ses interventions ne lui permettent pas d’atteindre ses buts.

Est-il besoin de citer des exemples ?

Nos collectivités locales étouffent sous le poids de la tutelle. Nos entreprises publiques, passées sous la coupe des bureaux des ministères, ont perdu la maîtrise de leurs décisions essentielles : investissements, prix, salaires. Les entreprises privées elles-mêmes sont accablées par une réglementation proliférante.

Le résultat de tout cela ? C’est d’abord le gonflement des masses budgétaires. C’est ensuite, pour les partenaires de l’État, un encouragement à la passivité et à l’irresponsabilité.

Et si encore toutes nos interventions, qu’il s’agisse de prélèvements fiscaux ou des subventions publiques, atteignaient leur but ;

Mais il s’en faut de beaucoup.

Notre système fiscal est ressenti comme étant à bien des égards affecté par l’inégalité et faussé par la fraude.

[…]

Nous sommes encore un pays de castes. Des écarts excessifs de revenus, une mobilité sociale insuffisante maintiennent des cloisons anachroniques entre les groupes sociaux. Des préjugés aussi : par exemple dans une certaine catégorie de la population non ouvrière, à rencontre des métiers techniques ou manuels.

J’ajoute que ce conservatisme des structures sociales entretient l’extrémisme des idéologies. On préfère trop souvent se battre pour des mots, même s’ils recouvrent des échecs dramatiques, plutôt que pour des réalités. C’est pourquoi nous ne parvenons pas à accomplir des réformes autre­ment qu’en faisant semblant de faire des révolutions. (Applaudissements sur les bancs de l’union des démocrates pour la République, du groupe des républicains indépendants et sur de nombreux bancs du groupe Progrès et démocratie moderne.) La société française n’est pas encore parvenue à évoluer autrement que par crises majeures.

Enfin, comme Tocqueville l’a montré, et ceci reste toujours vrai, il existe un rapport profond entre l’omnipotence de l’État et la faiblesse de la vie collective dans notre pays. (Applaudissements sur /es mêmes bancs.)

Les groupes sociaux et les groupes professionnels sont, par rapport à l’étranger, peu organisés et insuffisamment représentés. Ceci ne vise aucune organisation en particulier mais les concerne toutes, qu’il s’agisse des salariés, des agriculteurs, travailleurs indépendants, des employeurs : le pourcentage des travailleurs syndiqués est particulièrement faible. Tout récemment encore, le malentendu sur l’assurance-maladie des non-salariés n’a été rendu possible que par l’insuffisance d’autorité des organisations professionnelles.(Applaudissements sur les mêmes bancs.)

La conséquence de cet état de choses est que chaque catégorie sociale ou professionnelle, ou plutôt ses représentants, faute de se sentir assez assurés pour pouvoir négocier directement de façon responsable, se réfugient dans la revendication vis-à-vis de l’État, en la compliquant souvent d’une surenchère plus ou moins voilée. À un dialogue social véritable, se substitue ainsi trop souvent un appel à la providence de l’État, qui ne fait que renforcer encore son emprise sur la vie collective, tout en faisant peser un poids trop lourd sur l’économie tout entière.

Ce tableau a été volontairement brossé en couleurs sombres. Je le crois nécessaire, comme je crois aussi que les Français sont aujourd’hui en état de le considérer et d’en tirer les leçons. C’est aussi parce que j’ai la conviction que nous entrons dans une époque nouvelle, où de grands changements sont possibles, et qu’en accord avec le Président de la République, avec le Gouvernement tout entier et, je l’espère, avec votre appui et votre soutien, j’ai la volonté d’entreprendre ces grands changements.

On me dira qu’il ne faut pas sous-estimer l’importance des forces de résistance au changement.

Je le sais bien. Il y a un conservateur en chacun de nous, et ceci est vrai dans chacune des tendances de l’opinion, y compris celles qui se réclament de la révolution. (Applaudissements sur les bancs de l’union des démocrates pour la République, du groupe des républicains indépendants et sur plusieurs bancs du groupe Progrès et démocratie moderne.) Je le sais d’autant mieux que je le comprends.

Depuis vingt ans, la France, après avoir longtemps retardé les échéances et les mutations, s’est trouvée obligée de les affronter toutes à la fois : explosion démographique, bouleversement technologique, décolonisation, urbanisation, et maintenant compétition internationale pleine et entière.

Comment chacun de nous n’aurait-il pas, sur tel ou tel point, un réflexe de conservation ? Réflexe d’autant plus justifié que nous avons, en effet, bien des choses excellentes à conserver. Car nous sommes un vieux peuple, et nous avons beaucoup accumulé.

Et pourtant, je suis certain que nous devons aujourd’hui nous engager à fond dans la voie du changement.

II y a à cela deux raisons principales :

La première est que, si nous ne le faisons pas, nous nous exposerions à un avenir qui ne serait guère souriant.

D’une part, nous risquerions de « décrocher » durablement par rapport aux grands pays voisins qui, par suite de circonstances diverses, ont commencé plus tôt que nous la révolution du développement économique et qui sont bien décidés à la poursuivre. Et il n’y a pas loin du retard économique à la subordination politique.

D’autre part, notre existence en tant que nation serait elle-même menacée. Nous sommes, en effet, une société fragile, encore déchirée par de vieilles divisions et, faute de pouvoir maintenir notre équilibre dans la routine et la stagnation, nous devons le trouver dans l’innovation et le développement.

La seconde raison, la raison positive, c’est que la conquête d’un avenir meilleur pour tous justifie à elle seule tous les efforts, tous les changements.

Il y a peu de moments dans l’existence d’un peuple où il puisse autrement qu’en rêve se dire : « Quelle est la société dans laquelle je veux vivre » et aussi construire effectivement cette société.

J’ai le sentiment que nous abordons un de ces moments. Nous commençons en effet à nous affranchir de la pénurie et de la pauvreté, qui ont pesé sur nous depuis des millénaires.

Le nouveau levain de jeunesse, de création, d’invention qui secoue notre vieille société peut faire lever la pâte de formes nouvelles et plus riches de démocratie et de participation, dans tous les organismes sociaux comme dans un État assoupli, décentralisé, désacralisé. Nous pouvons donc entreprendre de construire une nouvelle société.

L’UDT et l’Europe

Entre l’Europe fédérale proposée par ceux qui entendent diluer les nations et le repli sur soi voulu par certains qui conduirait inévitablement à la clochardisation de la France, le gaullisme entend proposer, quant-à-lui, une association des Nations d’Europe et des peuples ! Celle-ci est basée sur la coopération entre les Etats européens, tout en garantissant que l’union ne soumettrait pas les nations à des directives supranationales qu’elles n’auraient pas elles même consenties !

La France doit refuser, conformément à sa tradition, de se soumettre à une quelconque hégémonie politique ou économique comme elle l’est actuellement.

C’est la raison pour laquelle, à l’UDT, nous rejetons absolument l’actuelle Europe supranationale et préférons proposer la construction d’une nouvelle Europe, respectueuse de chaque nation qui la compose et basée sur des coopérations librement consenties et toujours révocables, en lieu et place d’un conglomérat fédéral visant à la dissolution de toutes identités nationales et qui n’apporte que baisse généralisée du niveau de vie et chômage de masse.

L’indépendance nationale de la France doit nous permettre de retrouver le chemin de la prospérité et du progrès économique et social. Et si cela doit conduire pour la France à la sortie de l’Union Européenne alors le peuple Français, et lui seul, devra être amené à le décider par référendum.

« Pour pouvoir aboutir à des solutions valables, il faut tenir compte de la réalité. La politique n’est rien d’autre que l’art des réalités. Or, la réalité, c’est qu’actuellement, l’Europe se compose de nations. C’est à partir de ces nations qu’il faut organiser l’Europe et, s’il y a lieu, de la défendre. Au lieu d’une fusion intolérable et impraticable, pratiquons l’association. En poursuivant des chimères, on a déjà perdu des années. «  Charles de Gaulle, conférences de presse tenue à l’Hôtel Continental, 25 février 1953.

1979 requète de l’UDT relative à l’élection des représentants à l’assemblée des communautés européennes

 http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?idTexte=CETATEXT000007678152

REQUETE DE L’UNION DEMOCRATIQUE DU TRAVAIL TENDANT A L’ANNULATION DU DECRET DU 28 FEVRIER 1979 PORTANT APPLICATION DE LA LOI DU 7 JUILLET 1977 RELATIVE A L’ELECTION DES REPRESENTANTS A L’ASSEMBLEE DES COMMUNAUTES EUROPEENNES ; VU LE CODE ELECTORAL ; LA LOI N 77-729 DU 7 JUILLET 1977 RELATIVE A L’ELECTION DES REPRESENTANTS A L’ASSEMBLEE DES COMMUNAUTES EUROPEENNES ; L’ORDONNANCE DU 31 JUILLET 1945 ET LE DECRET DU 30 SEPTEMBRE 1953 ; LA LOI DU 30 DECEMBRE 1977 ;

SUR LES MOYENS TIRES DE LA VIOLATION DE LA CONSTITUTION, DE SON PREAMBULE ET DU TRAITE INSTITUANT LA COMMUNAUTE ECONIMIQUE EUROPEENNE : – CONSIDERANT QUE, A L’APPUI DE SES CONCLUSIONS TENDANT A L’ANNULATION DU DECRET DU 28 FEVRIER 1979 PORTANT APPLICATION DE LA LOI DU 7 JUILLET 1977 RELATIVE A L’ELECTION DES REPRESENTANTS A L’ASSEMBLEE DES COMMUNAUTES EUROPEENNES, LE REQUERANT SOUTIENT QUE LES DISPOSITIONS DE CE DECRET ONT ETE PRISES EN APPLICATION D’UNE LOI INCONSTITUTIONNELLE, QU’ELLES SONT CONTRAIRES A LA CONSTITUTION ET A SON PREAMBULE, NOTAMMENT AUX PRINCIPES D’INDIVISIBILITE DE LA REPUBLIQUE, D’INTEGRITE DE L’ETAT, D’INDEPENDANCE ET DE SOUVERAINETE NATIONALES ; QU’ENFIN ELLES MECONNAISSENT L’ARTICLE 138 DU TRAITE, EN DATE DU 25 MARS 1957, INSTITUANT LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE EUROPEENNE EN VERTU DUQUEL L’ELECTION AU SUFFRAGE UNIVERSEL DIRECT DES REPRESENTANTS A L’ASSEMBLEE DOIT AVOIR LIEU SELON UNE PROCEDURE UNIFORME DANS TOUS LES ETATS MEMBRES ; CONS. D’UNE PART QU’IL N’APPARTIENT PAS AU JUGE ADMINISTRATIF D’APPRECIER LA CONSTITUTIONNALITE DE LA LOI DU 7 JUILLET 1977 ; CONS. D’AUTRE PART QUE LE DECRET ATTAQUE SE BORNE A APPLIQUER LES DISPOSITIONS DE CETTE LOI EN PRECISANT LES REGLES D’ORGANISATION DE L’ELECTION, NOTAMMENT CELLES RELATIVES AUX DECLARATIONS DE CANDIDATURE, A LA PROPAGANDE ET AU DEROULEMENT DES OPERATIONS ELECTORALES ; QUE, PAR SUITE, LES MOYENS TIRES DE CE QUE LE DECRET POURRAIT ETRE CONTRAIRE A LA CONSTITUTION, AUX PRINCIPES CONSACRES PAR SON PREAMBULE ET A L’ARTICLE 138 DU TRAITE PRECITE TENDANT NECESSAIREMENT A FAIRE APPRECIER PAR LE JUGE ADMINISTRATIF LA CONSTITUTIONNALITE DES DISPOSITIONS DE LA LOI ET LEUR CONFORMITE A CE TRAITE ; QUE CES MOYENS NE PEUVENT DONC ETRE ACCUEILLIS ET, QUE, DANS CES CONDITIONS, LA SAISINE DE LA COUR DE JUSTICE DES COMMUNAUTES EUROPEENNES, DEMANDEE A TITRE SUBSIDIAIRE PAR LE REQUERANT EN APPLICATION DE L’ARTICLE 177 DU TRAITE N’EST PAS NECESSAIRE ;
SUR LE MOYEN TIRE DE LA VIOLATION DE L’ARTICLE 16 DE LA LOI DU 7 JUILLET 1977 : – CONS. QU’EN VERTU DE L’ARTICLE 2 DU CHAPITRE 1ER DE LA LOI DU 7 JUILLET 1977, L’ELECTION DES REPRESENTANTS A L’ASSEMBLEE DES COMMUNAUTES EUROPEENNES EST REGIE PAR LE TITRE 1ER DU LIVRE 1ER DU CODE ELECTORAL ET PAR LES DISPOSITIONS DE LA LOI ELLE-MEME ; QU’AUX TERMES DE L’ARTICLE 16 DE CELLE-CI « LA PROPAGANDE ELECTORALE EST RESERVEE AUX PARTIS POLITIQUES FRANCAIS AINSI QU’AUX LISTES EN PRESENCE » ; QUE L’ARTICLE L. 51 DU CODE ELECTORAL NE PRESCRIT L’ATTRIBUTION D’EMPLACEMENTS SPECIAUX POUR L’APPOSITION DES AFFICHES ELECTORALES QU’EN FAVEUR DES CANDIDATS OU LISTES DE CANDIDATS ; QUE L’ARTICLE 17 DE LA LOI HABILITE CES LISTES SEULES A DESIGNER UN MANDATAIRE POUR PARTICIPER AUX TRAVAUX DES COMMISSIONS CHARGEES D’ASSURER L’ENVOI ET LA DISTRIBUTION DE TOUS LES DOCUMENTS DE PROPAGANDE ELECTORALE ; QUE L’ARTICLE 18 INTERDIT TOUS MODES D’AFFICHAGE ET DE DIFFUSION DE DOCUMENTS DE PROPAGANDE AUTRES QUE CEUX DEFINIS PAR LA LOI ET SON DECRET D’APPLICATION ; QU’ENFIN L’ARTICLE 19 LIMITE AUX SEULES LISTES DE CANDIDATS LE DROIT D’UTILISER, PENDANT LA CAMPAGNE ELECTORALE, LES ANTENNES DES SOCIETES NATIONALES DE RADIO-DIFFUSION ET DE TELEVISION ; CONS. QU’IL RESULTE DE CES DISPOSITIONS COMBINEES ET DES TRAVAUX PREPARATOIRES QUI LES ECLAIRENT QUE LE LEGISLATEUR A ENTENDU INTERDIRE TOUTE INTERVENTION DE PARTIS POLITIQUES ETRANGERS DANS LA CAMPAGNE ELECTORALE ET NE PAS ACCORDER AUX PARTIS POLITIQUES FRANCAIS NE PRESENTANT PAS DE LISTE DE CANDIDATS LE BENEFICE DES DISPOSITIONS RELATIVES A LA PROPAGANDE ; QUE, DES LORS, LE MOYEN TIRE DE CE QUE LE DECRET ATTAQUE AURAIT, EN VIOLATION DE LA LOI, ECARTE DE LA CAMPAGNE ELECTORALE LES PARTIS OU GROUPEMENTS POLITIQUES FRANCAIS NE PRESENTANT PAS DE CANDIDATS EN LEUR REFUSANT TOUT EMPLACEMENT D’AFFICHAGE ET TOUT ACCES AUX ANTENNES DES SOCIETES NATIONALES DE RADIODIFFUSION ET DE TELEVISION, DOIT ETRE REJETE ; SUR LES AUTRES MOYENS DE LA REQUETE : – CONS. QUE SI LE REQUERANT SOUTIENT QUE LE DECRET ATTAQUE EST ENTACHE D’UN VICE DE FORME, IL N’APPORTE A L’APPUI DE CETTE ALLEGATION AUCUNE PRECISION PERMETTANT D’EN APPRECIER LE BIEN-FONDE ; CONS. QUE LE DETOURNEMENT DE POUVOIR ALLEGUE N’EST PAS ETABLI ; CONS. QU’IL RESULTE DE CE QUI PRECEDE QUE L’UNION DEMOCRATIQUE DU TRAVAIL N’EST PAS FONDEE A DEMANDER L’ANNULATION DU DECRET DU 28 FEVRIER 1979 ; REJET

Etre gaulliste de gauche en quelques mots

Etre gaulliste de gauche c’est…

– Aimer la France et vouloir qu’elle puisse continuer à agir de par elle même.

– Respecter le peuple et garantir la solidarité entre les français.

– Veiller au respect de la démocratie et promouvoir l’instauration de celle-ci au sein des entreprises.

– Mettre l’homme au coeur du sujet.

– Etre attaché au rôle de l’état et à l’unité de la République.

– Défendre les valeurs républicaines et notamment la laïcité.

En une phrase être gaulliste de gauche c’est avoir une certaine idée de la France et de l’humain !

Pierre Mendès-France, une certaine idée de l’Europe…

de Gaulle Mendès

Dénoncer la construction d’une Europe basée sur le libéralisme et une direction technocratique vous fait hélas rapidement classer comme « anti-européen » et donc « d’extrême droite » puisque le FN est anti-européen. La déduction rapide fondée sur un manque total de réflexion (ou de cerveau) conduit en effet à ce genre de cliché !

 Dans ce cadre, je vous invite donc à étudier le cas particulier d’un dénommé Pierre MENDES-FRANCE, homme de centre gauche, modèle pour plus d’une personne aussi bien à gauche qu’au centre, Pierre MENDES-FRANCE a participé au rejet de la Communauté Européenne de Défense et s’est opposé au traité de Rome en 1957 votant contre celui-ci, 2 actions qui d’après les mentalités de certains l’auraient probablement classé de nos jours comme « anti-européen » donc « d’extrême droite ».

Voici ci-dessous le discours prophétique de Pierre MENDES-FRANCE à l’assemblée Nationale, puis un extrait du livre « choisir » où Pierre MENDES-FRANCE explique sa vision de l’Europe.

 « Le projet de marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XXème siècle selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot, nationale et internationale. »

 

Pierre MENDES FRANCE – Discours prononcé à l’Assemblée Nationale, le 18 janvier 1957

« Une autre de leurs aberrations – de nos gouvernants – a consisté, sous la IVème comme sous la Vème République, à entreprendre une Europe libérale, fondée sur la seule concurrence. On a aboli les frontières douanières, les producteurs ont été appelés à s’affronter dans une sorte de compétition aveugle ;  » le meilleur l’emportera sur les autres au profit des consommateurs » ; nous connaissons ce vieux thème, la sélection naturelle, la productivité globale, etc. C’est un raisonnement digne du vieux Zollverein d’il y a cent ans. Les faits, au XXème siècle, sont différents ; les grandes entreprises, loin de s’affronter, se sont concertées et cartellisées, au détriment des consommateurs et des travailleurs. Ce qu’on a appelé l’Europe des trusts. Bien entendu, on n’a pas pu ne pas prévoir dans le traité de Rome, en 1956, quelques clauses d’exception, de sauvegarde. On a aussi affirmé quelques idées générales qui n’étaient pas purement libre-échangistes, par exemple, en matière agricole. Mais la philosophie de l’ensemble, c’était celle de la suppression des frontières, des vases communicants, celle du marché libéral dont on attendait l’unité et la prospérité.

J’avais une conception plus constructive que j’avais étudiée dès 1944, à Alger, comme je vous l’ai raconté. J’aurais préféré voir créer des unités de production communes puissantes dans les domaines situés en aval : trains de laminoir, industries atomiques, recherche, énergie…Je pensais à une politique collective et active de la reconstruction et des investissements. Il y aurait eu ainsi un ciment d’interdépendance et d’unification de plus en plus fort avec le temps. Je continue à croire à la valeur d’une approche de ce genre. Un grand programme d’investissements arrêté en commun pour les branches essentielles assurerait, en peu d’années, une diminution substantielle de nos faiblesses structurelles (le cas le plus net, c’est celui des centrales nucléaires qui donnent lieu aux contradictions que vous connaissez). Aujourd’hui, les grandes entreprises, et d’abord les sociétés multinationales, se développent au gré de leurs propres plans et ne contribuent pas du tout à nous défendre mieux contre les pressions et les à-coups du dehors, au contraire. »

Extrait du livre « Choisir » de Pierre MENDES FRANCE, conversations avec jean Bothorel, le 8 janvier 1974

Voila donc une certaine vérité rétablie, qui oserait prétendre que Pierre MENDES-FRANCE était anti-européen ? L’Europe peut en effet se construire de 2 façons: celle d’aujourd’hui basée sur le libéralisme, l’argent roi, la loi du marché détruisant ainsi nos emplois et nos services publics ou une Europe confédérale qui, elle, serait basée sur la solidarité renforcée des peuples et des nations.

  Pierre MENDES-FRANCE avait choisi, nous aussi, et nous le rejoignons également sur sa vision dont l’Europe doit se construire !!!