L’Europe de Jean Monnet est morte !

L’Europe de Jean Monnet est morte. Elle est passée de vie à trépas dans la nuit du 12 au 13 juillet 2015. Je le répète, puisque personne ne semble le savoir : l’Europe de Jean Monnet n’est plus qu’un cadavre.

Il est donc fini, le temps où les fédéralistes européens pouvaient affirmer que, grâce aux principes posés par leur maître, nos nations ne cessaient de progresser vers « une union de plus en plus étroite ». Fini le processus qui devait « créer un espace européen de paix, de démocratie et de prospérité ». Finie l’ambition de « promouvoir le bien-être de tous les peuples » de l’Europe. Il n’en reste que des mots vides de toute réalité.

Comment une œuvre qu’on proclamait impérissable, a-t-elle pu disparaître aussi soudainement ? La réponse est simple : l’organisme dont la tête est à Bruxelles a été empoisonné. Et le plus étonnant, c’est que « l’Union européenne » s’est administrée elle-même le poison mortel. Il s’appelle l’euro.

A vrai dire, ceux qui auscultaient attentivement la santé de l’Union, la savaient malade depuis longtemps, précisément depuis qu’elle avait commencé d’introduire l’euro dans ses aliments. Mais personne, moi compris, n’avait prévu une fin aussi bizarre, aussi caricaturale, que celle qui s’est produite la semaine passée. Pour en saisir le caractère paradoxal, je propose au lecteur d’examiner ce qu’a été l’existence de l’Union depuis qu’elle s’est adonnée aux plaisirs délétères de la monnaie unique.

L’euro a son origine dans le traité de Maastricht (1992). Son père s’appelle François Mitterrand. Dans l’esprit du Président français de l’époque, la nouvelle monnaie était un instrument de politique étrangère : elle devait attacher l’Allemagne tout juste réunifiée à la France :elle enserrerait le géant germanique dans des liens juridiques et financiers si étroits qu’il ne pourrait plus jamais les défaire.

La crainte inavouée de Mitterrand – celle d’une Allemagne cherchant son destin dans un jeu de bascule entre la Russie et l’Amérique- était mal fondée et sa parade peu crédible : on ne ligote pas un grand peuple par le papier d’un traité ni par des procédures monétaires. Mais elle méritait un débat politique. Il n’eut jamais lieu. L’idée de monnaie unique fut immédiatement reprise par les disciples de Jean Monnet et détournée de son but. Ils en firent une fin en soi. Ils l’entourèrent d’un culte intransigeant. Sa venue serait, selon eux, un acte historique qui marquerait l’entrée de l’Europe dans une ère de paix, de démocratie et de prospérité, dresserait un bouclier impénétrable contre les assauts du reste du monde et attacherait définitivement nos vieilles nations les unes aux autres dans une unité fraternelle. Ils proclamèrent que l’Europe ne reviendrait jamais sur un pas en avant aussi décisif et que le traité de Maastricht n’avait donc pas besoin de clauses de dissolution.

Parmi les nombreux prophètes de cet accomplissement de l’histoire européenne, citons Michel Rocard : « Maastricht constitue (sic) les trois clés de l’avenir :il ouvre d’abord sur plus de prospérité et plus d’emploi, ensuite sur plus de sécurité et enfin sur plus de démocratie en Europe ». Je ne veux pas fatiguer le lecteur en lui infligeant les propos non moins grandiloquents tenus en 1992 par nos dirigeants actuels, Sarkozy et Juppé, Fabius et Sapin par exemple. Il reste à indiquer que c’est par ce genre de promesses que nos responsables politiques arrachèrent au peuple français un consentement réticent à l’euro (51% des suffrages).

Les institutions de Bruxelles, enthousiasmées par un projet qui allait leur donner un pouvoir accru, le prirent alors en mains. La Commission prépara de nouvelles directives et le Parlement européen multiplia les « résolutions ». « Les Etats membres doivent réunir au plus vite les conditions de création d’une union monétaire » proclama ce dernier. Il rappela à ceux qui avaient des doutes, que « les effets bénéfiques de l’union monétaire sur la croissance économique et sur l’emploi seraient substantielles pour tous les Etats membres ». Je peux attester que les rédacteurs de cette affirmation extravagante étaient sincères.

L’enthousiasme bruxellois était si grand et les certitudes des disciples de Jean Monnet si enracinées, que les timides objections qui leur étaient présentées, furent balayées comme des incongruités. J’ai participé à des commissions parlementaires qui auditionnaient des spécialistes de la monnaie. La démonstration négative de l’un cachait, disaient les partisans de Maastricht, la jalousie des milieux financiers anglo-saxons ; les avertissements d’un autre, son nationalisme dépassé ; les réserves d’un troisième, son ignorance foncière. La principale critique qui était faite à l’euro, peut être résumée en deux phrases : il allait placer des nations dont les vies économiques et sociales différaient profondément, sous les décisions uniformes d’un pouvoir monétaire centralisé. Il en résulterait inévitablement des distorsions lesquelles aboutiraient à des tensions insupportables. La Commission européenne, agacée, comprit qu’il ne suffisait pas de déconsidérer les détracteurs de l’euro. Elle leur opposa une autre théorie « scientifique » : la monnaie unique, publia-t-elle, loin de créer des distorsions entre pays européens, sera au contraire un facteur irrésistible de « convergence » économique et sociale. Grâce à elle, la Grèce et l’Allemagne, la France et le Danemark, le Portugal et la Finlande atteindront rapidement le même niveau de vie, le même taux d’emploi, la même prospérité. L’Europe allait s’unifier par le haut.

C’est sur toutes ces prévisions et promesses que le projet de l’euro fut mis en oeuvre. Il me paraît indispensable de les rappeler parce que la validité d’une politique se juge par comparaison entre les intentions et les résultats.

Les institutions de Bruxelles, emportées par leur élan, décrétèrent que l’adoption de l’euro était obligatoire pour tous les Etats membres de l’Union. Quatre d’entre eux regimbèrent : la Grande Bretagne, la Suède, le Danemark et la Grèce. La première était trop puissante pour que la Commission pût la faire plier. Elle obtint la dérogation qu’elle demandait (opt-out). La seconde, après avoir longtemps traîné les pieds, finit par s’abriter derrière le résultat négatif d’un référendum populaire (2003) pour ne pas donner son adhésion. Le Danemark se contenta d’un compromis : il conserva sa monnaie nationale mais l’accrocha irrévocablement à l’euro. La Grèce était trop faible pour se voir accorder un traitement particulier. Sommée d’adhérer « dans les meilleurs délais et ce, dans son propre intérêt », elle s’inclina. Elle passa sous les fourches caudines des « 4 critères » auxquels tout candidat à la monnaie unique devait satisfaire. Elle le fit avec tant de bonne grâce que le Conseil européen tint à « féliciter la Grèce pour les résultats qu’elle a obtenus grâce à une politique économique et financière saine » (3 mai 2000). Je rappelle ces faits pour réfuter la légende, trop répandue aujourd’hui, d’une Grèce si désireuse d’entrer dans la zone euro qu’elle en a forcé la porte en truquant ses comptes publics.

Que se passa-t-il alors ? L’inévitable. Ni la pensée de Jean Monnet, ni les décisions de la Banque centrale européenne, ni la surveillance tatillonne de la Commission ne purent empêcher que la Grèce demeurât une nation des Balkans, dont la prospérité dépend beaucoup plus de ses relations avec ses voisins que de ses liens avec le lointain Bruxelles. Son premier client est la Turquie et son premier fournisseur, la Russie.

L’Allemagne est son seul partenaire européen de quelque importance. Encore faut-il préciser qu’elle ne vend à Athènes que certains produits industriels et ne lui achète à peu près rien. L’euro convient donc mal à la Grèce ; il l’isole de son milieu naturel. Le gouvernement grec ne tarda pas à prendre conscience du malaise économique qui en résultait. Mais, à la manière des faibles, il n’osa pas affronter une réalité trop dure. Il choisit de biaiser. C’est alors qu’il commença de manipuler les « 4 critères » de conformité aux règles de la zone euro. On dit aujourd’hui que les institutions européennes ont découvert avec stupeur, en 2010, les tricheries grecques. C’est faux. Dès 2005, la Commission de Bruxelles se plaignait de l’obscurité et de l’approximation des comptes publics hellènes. Mais, sur le moment, personne n’y a attaché de l’importance.
Il y avait une raison à l’indifférence des disciples de Jean Monnet.

Pendant les sept années qui suivirent l’introduction de l’euro (2000-2008), la réalisation de leur rêve les avait plongés dans un état d’euphorie tel qu’ils écartèrent toutes les nouvelles qui contrariaient leurs prédictions. Une vague de dépenses effrénées s’étendit sur l’Europe. Aux observateurs qui gardaient la tête froide, la croissance économique qui s’ensuivit semblait trop artificielle pour durer. Mais, à Bruxelles et à Francfort, on choisit d’y voir une manifestation éclatante de la prospérité annoncée.

Soudain, en 2009, une violente tempête financière secoua la zone euro. Alors l’impensable se produisit. La terre promise, qui semblait presque atteinte, s’évanouit comme un mirage. Les peuples européens, stupéfaits, découvrirent un paysage tout autre que celui décrit par les disciples de Jean Monnet. Il était sombre et sans perspectives. Au lieu de prospérité partagée, un appauvrissement qui frappait inégalement les peuples ; à la place d’une croissance régulière de l’emploi, un chômage massif, particulièrement cruel aux jeunes ; et plus encore que ces faits désastreux, la « convergence » s’était évaporée. Une nation et une seule s’enrichissait de l’affaiblissement de toutes les autres. C’était l’Allemagne. Le dogme central de l’euro, si hautement proclamé par la Commission de Bruxelles et repris par la Banque centrale européenne, était faux. Aucune des prophéties avancées par les adeptes de la monnaie unique n’a été plus brutalement démentie par les évènements que celle là.

La Grèce, si éloignée de Bruxelles, si isolée, fut évidemment la victime la plus pitoyable de la chute de l’utopie. Nulle part dans l’Union européenne, le chômage ne devint plus étendu, l’activité plus ralentie, la divergence avec la puissante Allemagne plus béante. Il est naturel que les appels au secours les plus désespérés soient venus d’elle.

On aurait pu penser que les disciples de Jean Monnet, remis de leur ivresse, prendraient les mesures réalistes qui s’imposaient, dût leur doctrine en souffrir. Ils préférèrent s’accrocher à leur rêve. « L’euro, c’est l’Europe et l’Europe, c’est l’euro » affirmèrent d’une même voix Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Le remède qu’ils employèrent pour guérir la Grèce, consista à renforcer l’application des « 4 critères ». Il ne pouvait faire aucun bien au patient. De fait, son état empira. Exténué de souffrances, il est revenu, il y a six mois, implorer un ultime secours.

La réponse des institutions européennes –le Conseil, la Commission, le Parlement, la Banque centrale- ne pouvait plus être dilatoire. La gravité des évènements ne le permettait pas. Elle a été donnée le 12 juillet. Elle a consisté à réaffirmer, de la façon la plus nette, la nécessité pour la Grèce et tous les autres Etats membres, de respecter rigoureusement les règles qui font la spécificité de la zone euro. Apparemment, la victoire des disciples de Jean Monnet est totale et définitive. « La zone euro est sauvée » jubilait François Hollande le 13 juillet. Pourquoi, alors, dis-je qu’au contraire, leur Europe est morte cette nuit là ? Parce que les dirigeants de l’Union ont avoué par un silence on ne peut plus parlant, qu’ils ne savaient pas comment tenir les promesses qui ont conditionné la naissance de la monnaie unique. Ils sentent au fond d’eux-mêmes, que le contrat est rompu. Mais ils n’arrivent à se détacher de l’utopie.

Alors ils se réfugient dans le monde abstrait des « 4 critères » pour éviter d’avoir à répondre d’une réalité qui est en tous points le contraire de ce qui était annoncé. Ils en viennent, par un retournement dialectique étonnant, à expliquer que la fraternité des peuples européens est ébranlée non pas par les méfaits de l’euro mais par l’impéritie des Grecs. Pour qu’aucun reniement des engagements passés ne nous soit épargné, ils transforment même le « plus de démocratie » du traité de Maastricht en tutelle brutale sur le gouvernement d’Athènes. Ce dernier est tenu de soumettre tous ses « projets législatifs » à ses créditeurs étrangers avant même de les présenter à son Parlement. Je n’arrive pas à comprendre comment un Chef d’Etat français a osé contresigner cette clause. A-t-il perdu le souvenir honteux de Vichy ?

C’est par leurs clameurs de triomphe que nos dirigeants reconnaissent l’échec historique de l’Europe de Jean Monnet. Elle n’est plus qu’un poids mort que nous portons à grand peine. Je ne sais combien de temps nos dirigeants réussiront à nous faire croire que le 13 juillet a été non pas la nuit de son décès mais au contraire le jour de sa santé retrouvée. L’illusion ne saurait durer bien longtemps.

Michel Pinton
Ancien député au Parlement européen

Un certain 18 juin 1940…

appel-18-juin 1940

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

Agenda des gaullistes de conviction

AUX GAULLISTES DE CONVICTION

Programme des prochains jours

Réunion jeudi 25 juin 14 h30, 3 rue Aristide Briand (Assemblée nationale)
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Le même jour, à midi, réunion des Gaullistes de conviction,  RPF-MDF-UPF-UDT etc  –

Restaurant tabac de l’Assemblée 13 rue de Bourgogne 75 007
inscrivez vous pour ce déjeuner
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Radio Courtoisie

Vendredi 12 juin 18 à 21h                                                                           Emission :  Le Libre journal des artisans – Remy Bonnevialle

Lundi 15 juin 10h 45                                                                                 Emission :  avenir de la langue française, Ambassadeur Salon

Lundi 15 juin 12h                                                                                           Emission :  Le Libre journal de l’Indépendance

Mardi 23 juin -18h à 21 h                                                                               Emission : Le libre journal de la France Libre – Radio Courtoisie – Henri Fouquereau – Jacques Myard – député

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GRECE
L’euro a tué la Grëce : Chômage 28% – PIB a diminué de 40%, dette 180% du PIB ,  la moitié des retraités perçoivent une retraite inférieure au seuil de pauvreté, 23% des retraités sont en état de pauvreté absolue
D’un coté un Gouvernement totalement en dehors de la réalité, arrogant  et complètement incompétent.
De l’autre un FMI, une Ue et une BCE, eux aussi en dehors des réalités : le programme qu’ils ont imposé à la Grèce ne pouvait réussir et à jeté la Grèce dans cette misère atroce. La compétitivité, cette chose sacrée, qui ne tient jamais compte de l’homme, a été imposée à un pays, dont la culture a toujours été à l’opposé de ce néo libéralisme financier. Ces monstres VRP de la finance mondiale, voudraient que ces retraites baissent encore. Mais ce sont des malades qu’il faut enfermer et surtout empêcher de nuire, car ce qu’ils font pour la Grèce, ils le feront pour d’autres. Compétitivité par l’austérité est un programme extrémiste : il faut punir l’autre, tous les autres. Baisser les retraites de gens qui vivent sous le seuil de pauvreté et ils appelaient leur machin, l’Europe de la solidarité. Non une formation extrémiste basée sur une idéologie totalement inhumaine.
La Grèce doit sortir de la zone euro, comme doivent en sortir TOUS LES ETATS mis à mal pour cette folie de quelques – uns – C’est à dire : doit sortir de la zone euro, tout Etat dont l’endettement public est supérieur à 60% du PIB
Resteront dans la zone euro : Estonie, Luxembourg, Slovaquie, Finlande.  Tout le reste dehors. Juste une remarque, depuis l’euro, l’endettement des Etats a plus que doublé – drôle de politique monétaire , mais c’est surtout la preuve absolue que le tout concurrence n’est pas fait, ni pour les hommes, ni pour les Etats, que l’austérité est uniquement un goulag économique et finance
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FIN TECH, un secrétaire d’Etat français, espère que l’Europe devienne etc
(finances technologie) Comme l’annonçait le Forum il y a quelques temps, la banque est coincée entre le monde financier et la banque en ligne. Nous en reparlerons, MAIS Monsieur Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat français de je ne sais plus quoi, mais lui non plus, vient de déclarer ; Moi j’aimerais que ce soit l’Europe le continent de la Fin Tech-
Et la France? monsieur le sous sinistre
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chômage en hausse, malgré une croissance retrouvée, une baisse de l’euro, un baisse du prix du baril, un endettement pratiquement à taux négatifs
NON, il faut prendre en compte les réalités. Tant que les taux de productivité seront supérieurs aux taux de croissance, le chômage augmentera ou le nombre d’emplois diminuera, comme chacun le veut. Depuis 30 ans le monde politique aiguillonné par la finance mondiale a privilégié le tout concurrence
Frontières ouvertes, taxes de douane à  pas grand choses ; c’est le meilleur prix qui gagne. Oui mais le meilleur prix est obtenu avec le plus bas salaires, le moins de protection sociale possible, le moins de contraintes, le moins d’impôts, bref – rien qui ne puisse générer un surcoût. Et bien voilà, avec nos salaires 50 fois plus élevés, notre protection sociale, digne d’un véritable pays civilisé, avec notre imposition assez lourde NOUS NE SOMMES PLUS COMPETITIFS; Alors seuls, la machine, la nouvelle technologie et toutes ces choses modernes qui rejettent les hommes au chômage, peuvent tenir le haut du pavé.
Le Forum l’avait proposé : le financement de la protection sociale doit passer du monde du travail à celui de la consommation. Le prix de nos exportations baisse aussitôt d’au moins 20%, le prix des productions étrangères proposées en France augmentent de 20%- Vont-ils comprendre que le monde d’hier a été remplacé par celui d’aujourd’hui? Même l’Allemagne a adopté ce mode de financement de la protection sociale. Le résultat de notre politique : la protection sociale sera réservée à qui pourra se l’offrir et il sera trop tard
F. Baroin vient de le déclarer ; il fallait continuer dans le sens d’une TVA sociale. M. Vals en est partisan, alors ? Peur de perdre des élections régionales? Supprimez les régions, nul ne perdra quoi que ce soit, surtout pas la France
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Message de Monsieur l’Ambassadeur de France Pierre Maillard, ancien Conseiller diplomatique du Général de Gaulle : « Je suis en colère parce que la France n’a pas respecté ni sa parole, ni sa signature dans l’affaire des navires à livrer à la Russie, je tiens à le faire savoir et je compte sur le Forum pour diffuser l’expression de mon sentiment

Henri Fouquereau
Secrétaire Général du Forum Pour la France

Nous sommes déjà dans la 6ème République, la cinquième est une coquille vide altérée par l’UE

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Chers amis

La Vè République est en danger, beaucoup voudraient lui substituer une VIè République.

C’est donc la Constitution, proposée par le Général de Gaulle et approuvée par 17 668 790 votants OUI contre 4 624 511 NON  ET  4 016 614 abstentions que nous devons sauver, Bien évidemment, la modification du 28 10 62 concernant l’élection du Président de la République au suffrage universel ; Le président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct  et suite doit revenir dans la constitution et remplacer TITRE II article 6 : Le Président de la République est élu pour cinq ans etc…….

Constitution : parfait, il faut juste réajuster avec notre époque.

Dans nos propositions : Demander si une relecture de la Constitution de la Vè ne serait pas nécessaire pour sauver la Vè République. Avec bien entendu le retour du septennat, comme noté ci-dessus, la réforme du Sénat, l’abandon de certains ajouts.

Cette constitution a été basée sur 5 principes

Le suffrage universel doit être la source des pouvoirs législatif et
exécutif – bien-
Les pouvoirs législatifs et exécutifs doivent être séparés -bien-
Le gouvernement doit être responsable devant le Parlement – bien-
L’autorité judiciaire doit être indépendante – bien-
Le cinquième : La Constitution doit permettre d’organiser les rapports de la République avec les peuples qui lui sont associés.

Ce cinquième principe doit être revu : un principe touchant la francophonie devrait le remplacer.

Préambule : droits de l’homme etc : Personne n’y touche. Celui du 27/10/46 : on supprime les trois derniers alinéas, qui ne sont plus d’actualité.

Pour l’instant : Constitution   : article 1er  : La France est une République indivisible etc On propose La France est une République UNE ET INDIVISIBLE etc le reste sans changement ( c’est une proposition du Professeur O. Gohin Professeur de Droit Constitutionnel à Dauphine).

TITRE 1er : je rappelle que le changement (ajout : La langue de la République est le français) vient du travail de l’ambassadeur Salon et de ses équipes jusqu’àu TITRE  II

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TITRE II article 6 est à revoir comme indiqué ci dessus

Pour le reste, nous travaillerons TITRE par TITRE
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Se posent des questions sur le vote : (article 7 de la constitution : Le Président de la République est élu à la majorité des suffrages exprimés) deux questions : Vote Obligatoire : je pense que NON, en démocratie on impose pas, mais on doit inciter
Vote blanc : art 65 du code électoral modifié par la loi 2014-172 dit : les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au PV.

Malheureusement, ils n’entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés. Il ne reste donc qu’un vote de contestation du système or, le vote blanc représente désormais environ 5% des inscrits, score qu’aucun petit parti ne peut atteindre. Il doit donc être pris en considération.

Nous pourrions proposer un vote blanc qui deviendrait un suffrage exprimé : pour qu’un référendum soit approuvé, il faudrait que le OUI l’emporte sur les NON et Blancs additionnés, ce qui change tout; Il s’agit bien d’une majorité de OUI pour l’emporter. Ce serait donc OUI contre NON + Blancs même système pour toute élection – ce qui demanderait certainement un troisième tour pour certaines d’entre elles, mais il est impossible de laisser un Président se faire élire par 20% des inscrits. Le peuple est souverain, mais le peuple ne peut être représenté par ces 20%.

Article 7 alinéa 5 : il faut se pencher sur la question : En cas de vacances ou lorsque l’empêchement est déclaré définitif…………… les fonctions du Président de la République à l’exception des article 11 et 12 sont provisoirement exercées par le Président du Sénat – Le Général de Gaulle, avait proposé en avril 1969 d’inscrire : Par le Premier ministre. Il est vrai que ce dernier est plus au fait des dossiers et  à même  de prendre une décision en cas de force majeur.

H. Fouquereau

Le discours de Bayeux (Jean-Pierre Chevènement)

http://www.chevenement.fr/Commentaire-du-discours-de-Bayeux_a1702.html

Former Defense Minister Chevenement  listens to a speech during the summer meeting of the Socialist Party in La Rochelle

Commentaire du discours prononcé par Charles de Gaulle à Bayeux, par Jean-Pierre Chevènement, au Théâtre de Cergy, le 08 avril 2015.

I. Première partie du discours de Bayeux : La légitimité.

Cette première partie du discours de Bayeux est d’abord une affirmation de la légitimité incarnée par de Gaulle dès le 18 juin 1940. Elle contrarie la mode qui s’est instituée depuis qu’en juillet 1995 Jacques Chirac a déclaré à propos de la rafle du Vel’ d’Hiv : « La France a commis l’irréparable », la France et non pas « l’Etat français ».

Pour de Gaulle, au contraire, le gouvernement Pétain, pourtant nommé par le Président de la République de l’époque, Albert Lebrun, le 16 juin 1940, perd sa légitimité dès le lendemain 17 juin quand Pétain demande à Hitler à connaître les conditions de l’armistice.

– Premier point. De Gaulle explicite sa pensée dès le 18 juin et plus encore le 22 : « La France a perdu une bataille mais elle n’a pas perdu la guerre car cette guerre est mondiale » (18 juin).

– Deuxième point. « Ce n’est pas seulement l’honneur mais c’est aussi l’intérêt de la France de continuer le combat. Que resterait-il de la France si elle se retirait d’une guerre mondiale où le camp de la liberté aurait fini par triompher ? » (22 juin). J’insiste sur cette vision : l’Etat pour être légitime doit reposer sur l’intérêt de la nation. Cette guerre est mondiale : elle entrainera tôt ou tard les Etats-Unis et l’URSS, elle-même dans le camp des Alliés.
En trahissant l’engagement pris vis-à-vis de la Grande-Bretagne de ne pas conclure une paix séparée, le gouvernement du Maréchal Pétain commet une erreur politique et une faute morale.

Une erreur politique en ce qu’il circonscrit le conflit à l’Europe occidentale. Mussolini commet la même erreur, en attaquant la France le 10 juin 1940. Sinon, comme Franco, il serait mort dans son lit. Mais Pétain méconnait plus encore le sens idéologique de l’affrontement avec l’Allemagne nazie. La politique de collaboration qu’il proclame à Montoire, en octobre 1940, à peine trois mois après la conclusion de l’armistice, va le conduire à prêter le concours de sa police, à la répression de la Résistance, et à la politique hitlérienne d’extermination des Juifs, avec la rafle du Vel’ d’Hiv en avril 1942.

Les formes de la démocratie sont apparemment respectées par Pétain puisque le Congrès réunissant la Chambre des Députés et le Sénat à Vichy le 10 juillet 1940 donne son accord, par 569 voix contre 80 seulement à la dévolution de tous les pouvoirs au Maréchal. Ce faisant, l’acte constitutionnel du 10 juillet met ainsi la République en congé : il donne à Pétain proclamé Chef de l’Etat français tous les pouvoirs exécutif et législatif, et notamment celui de proclamer une nouvelle Constitution. Ce « coup d’Etat » fomenté au sein du gouvernement Reynaud avec l’appui du Chef d’Etat-Major des Armées, le général Weygand, en vue de la capitulation devant l’invasion étrangère ne peut fonder une légitimité.

Ainsi, pour de Gaulle, la servitude ne conserve que « l’apparence de la souveraineté réelle ». Celle-ci est transportée du côté de la France qui résiste, du côté de ceux qui n’ont « jamais cédé ». Car jamais la France « ne crut que l’ennemi ne fût point l’ennemi ». C’est ici qu’intervient l’adhésion, « l’assentiment de l’immense masse française », deuxième critère de l’Etat légitime mais qui pour de Gaulle vient évidemment par surcroit. Car il faudra attendre 1944 pour que de Gaulle recueille l’assentiment explicite de l’immense masse. Au mieux il faudrait dire que se forme progressivement à partir de 1941 un assentiment implicite. De Gaulle a anticipé ce deuxième fondement de la légitimité. Cette conception de la légitimité est à la base des institutions de la France libre, du Comité français de Libération nationale constitué en juin 1943 en Afrique du Nord et du Gouvernement provisoire de la République française proclamé le 3 juin 1944, trois jours avant le débarquement.

C’est donc à Bayeux que le Général de Gaulle, refusant le projet d’une administration américaine des territoires libérés, installe, le 14 juin 1944, François Coulet comme premier Commissaire de la République du gouvernement provisoire, huit jours seulement après le débarquement. C’est devant l’accueil enthousiaste réservé à de Gaulle par la population que le gouvernement des Etats-Unis se convainc qu’il doit renoncer à considérer la France comme un pays occupé.

Cette conception de la légitimité maintenue contre vents et marées depuis 1940 par le Chef de la France libre lui fera répondre le 25 août 1944 à Georges Bidault, Président du CNR, qui lui demande de proclamer la République du balcon de l’Hôtel de Ville de Paris libéré : « Je n’ai pas à proclamer la République : elle n’a jamais cessé d’exister ».

L’ordonnance du 9 août 1944 rétablit les lois de la République comme seules lois légitimes depuis 1940, et déclare nuls et non avenus les actes de Vichy. Le Général de Gaulle, par un déni magnifique, fait comme si la France libre et la Résistance avaient seules libéré la France. Il omet volontairement le rôle des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Il n’hésite pas à dire : « Partout où paraissait le Croix de Lorraine s’écroulait l’échafaudage d’une autorité qui n’était que fictive ». Ce déni n’est-il pas lui-même une fiction, la traduction d’une volonté d’effacer à tout prix le souvenir de l’effondrement de juin 1940 ?
De Gaulle se place exclusivement du point de vue de la France. Il dit : « La désastre de 1940 n’est qu’une péripétie de la guerre mondiale où la France servait d’avant-garde ». « Avant-garde » le mot est pesé : en 1940 la France ne peut compter ni sur les Etats-Unis englués dans leur isolationnisme et qui en 1936 font connaitre leur opposition à une intervention militaire de la France pour s’opposer à la réoccupation par Hitler de la rive gauche du Rhin, pourtant démilitarisée par l’une des clauses du Traité de Versailles, seule occasion où la France eût pu abattre le régime nazi.

La France en 1940 n’a pas pu davantage compter sur l’URSS fourvoyée dans le pacte Hitler-Staline d’août 1939, ni même sur la Grande-Bretagne qui, dans le bataille de France, n’a mis en ligne que huit divisions et a refusé d’engager son aviation pour la réserver à la bataille d’Angleterre qu’elle pressentait devoir suivre. C’était sa raison d’Etat.

La France est seule. Elle est de surcroît divisée entre les partisans de l’armistice et ceux d’un transfert de gouvernement en Afrique du Nord. En réalité la bourgeoisie française, comme toutes les bourgeoisies européennes, est partagée depuis 1933 : entre Hitler et Staline elle ne veut pas choisir. Elle préférerait un conflit entre l’Allemagne et l’URSS. Dans la guerre mal engagée avec l’Allemagne, elle choisit donc la défaite, « l’étrange défaite » dont parle Marc Bloch.

La France, à la différence de la Grande-Bretagne, ne dispose pas du fossé anti-chars naturel que constitue la Manche. A Londres, les partisans de « l’appeasement » avec Hitler doivent céder la place à Churchill. En France, Reynaud, qui n’est pas Churchill, est vite poussé à la démission par les tenants de l’armistice dont certains vont jusqu’à parler d’un « renversement d’alliances ». De Gaulle sait tout cela pour l’avoir vécu. Mais il relie aussi, comme ancien combattant et comme historien du présent, la Seconde Guerre mondiale à la Première qu’il a faite. Pour lui, « c’est une nouvelle guerre de Trente ans ». Le pangermanisme n’a pas admis sa défaite de 1918. A travers Hitler, il veut sa revanche. Naturellement, Hitler n’est pas Guillaume II. Il introduit une discontinuité radicale dans l’Histoire allemande et européenne. A cet égard l’historien révisionniste allemand Ernst Nolte, n’a pas tort de parler d’une « guerre civile européenne », proclamée entre le communisme soviétique et le nazisme allemand.

Mais tout cela n’enlève rien, mais au contraire renforce l’argument de de Gaulle : Il peut donc, sans heurter la vérité, décrire la France comme « l’avant-garde des démocraties ». Soulignons encore que la guerre contre le nazisme était plus que ce que Clémenceau appelait « la guerre du Droit », mais n’omettons pas les éléments de continuité entre les deux conflits mondiaux. Si la France retrouve son rang en 1945, c’est aussi parce que Churchill, lui, n’a pas oublié le sacrifice des poilus de 1914-18 et l’écrasant tribut (1,4 millions de morts, trois millions de blessés) payé par la France au cours du premier conflit mondial.

De Gaulle incarne la légitimité parce qu’il a choisi dès le premier jour de continuer le combat, qui est celui de la France parce qu’il est celui de la liberté. Cette conception de la légitimité renvoie à l’idée que les Français peuvent se faire d’eux-mêmes et de leur Histoire. Si, comme Jacques Chirac élu Président de la République l’a dit en juillet 1995, c’est la France qui « a commis l’irréparable » lors de la rafle du Vel’ d’Hiv, la France s’identifiant ainsi à Pétain, alors c’est à bon droit que de Gaulle aurait été condamné à mort et que des milliers de résistants auraient été fusillés. S’il n’avait pas voulu légitimer Pétain et délégitimer de Gaulle, ce qui n’était évidemment pas son intention, Jacques Chirac aurait dû dire que « l’Etat français », c’est-à-dire en particulier Bousquet et Laval avaient « commis l’irréparable » et que la République n’y était pour rien, comme l’avait d’ailleurs soutenu François Mitterrand jusqu’au bout. Il n’est évidemment pas question de minimiser le crime. Croit-on cependant que Bousquet eût donné son accord à Oberg, le chef de la Gestapo en France, si celle-ci n’avait pas été occupée ? Vichy s’est mis au service de l’Allemagne nazie jusqu’à lui prêter le concours des policiers et des gendarmes français pour l’accomplissement de son crime le plus abominable mais ce n’est pas une raison pour reléguer la France, même défaite, sur le même banc d’infamie que l’Allemagne nazie. Je sais que la mode aujourd’hui est à la repentance : on évoque volontiers ceux qui ont failli. On a cessé d’exalter le courage de ceux qui n’ont pas failli. Victoire posthume de ceux qui voulaient dégrader la France, l’humilier, la réduire à un rôle subalterne, la reléguer en bout de table.

Il y a plusieurs manières de raconter l’Histoire. La seule qui convienne est de la montrer telle qu’elle a été, avec ses ombres et ses lumières mais sans renoncer à célébrer ceux qui ont donné sens à notre Histoire, d’abord par l’édification patiente de la France, ensuite par un prodigieux renversement de perspectives, par la proclamation des Droits de l’Homme et du Citoyen, matrice des temps modernes, et enfin par la création de la République, toujours à parfaire, toujours à défendre, toujours à réinventer.

Pétain était-il la France ? Ou de Gaulle parce qu’il a résisté dès le premier jour ? Ce n’est pas une mince question. De la réponse dépend implicitement notre capacité à continuer notre histoire et à intégrer de nouvelles générations de Français venus d’ailleurs. Comment pourrait-on s’intégrer à un pays qui ne cesse de se débiner ? Alors faisons aimer la France, comme Bernanos qui en juin 1940, ayant eu, dans son exil brésilien, un lointain écho de l’appel du Général de Gaulle, incitait ses compatriotes à « se ranger du côté de l’Histoire de France ». Il n’y a pas d’autre manière aujourd’hui de la continuer. La manière dont on enseigne ou dont on n’enseigne plus le récit national décide évidemment de la lecture qu’on fait de l’Histoire de la France dans cette première moitié du XXème siècle : brise-t-elle le récit national que la IIIème République avait fixé à travers l’Ecole et selon Lavisse – c’est-à-dire Michelet – et qui avait fait un peuple ou permet-elle de la prolonger à travers la Résistance, la refondation sociale opérée après la Libération à partir du programme du CNR, la création et l’œuvre de la Vème République, le choix enfin de construire l’Europe, mais selon quelles modalités : l’intégration à un ensemble supranational ou la confédération ? ou bien encore une construction sui generis ?

Cette histoire n’a pas seulement besoin d’être apprise. Elle a surtout besoin d’être d’abord comprise, acceptée et endossée, si je puis dire, par la parole publique : elle pourra alors être enseignée. Si le récit national au XXème siècle redevient audible, de Gaulle n’aura pas existé pour rien, et notre Histoire n’aura pas été inutile puisque nous pourrons la continuer. C’est ainsi également qu’on refera un peuple de citoyens.

II. Deuxième partie du discours de Bayeux : Les institutions.

A/ Nécessité d’un « arbitre national ».

De Gaulle veut des institutions qui puissent remédier à la rivalité des partis qui obscurcit le sens de l’intérêt général.
Il entend répondre non seulement à l’abdication de la IIIème République et aux errements d’un régime d’assemblée, mais plus profondément aux secousses qui, « dans une période de temps qui ne dépasse pas deux fois la vie d’un homme », c’est-à-dire les cent cinquante ans qui séparent la Révolution de 1789 de l’effondrement de 1940, et qui ont vu se succéder sept invasions et treize régimes. Il y ajoute « la veille propension gauloise aux divisions et aux querelles », mais c’est bien à l’instabilité fondamentale de nos institutions tiraillées entre le principe dynastique qui fonde les monarchies et successivement rejeté en 1792, 1814-1815, 1830, 1848 et 1871, et les aléas plus ou moins glorieux du régime d’assemblée, qu’il entend remédier.

De Gaulle est à la recherche « d’institutions nouvelles qui compensent par elles-mêmes les effets de notre effervescence nationale ». Certes de Gaulle fait leur part à l’opinion et au suffrage : « Il est de l’essence de la démocratie que l’opinion et le suffrage puissent orienter l’action publique et la législation ».

Mais de Gaulle pose deux principes :
– La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, « fortement équilibrée ». En clair il refuse le régime d’assemblée où le législatif absorbe l’exécutif.
– Le deuxième principe qui étaye le premier est celui d’un « arbitrage national qui fasse valoir la continuité au milieu des combinaisons ». Mais comment établir cet arbitrage sans revenir à la monarchie dont les Français ne veulent plus ? C’est la caractéristique même des institutions nouvelles que de faire élire le Président de la République, dont les pouvoir sont considérablement étendus, par un collège plus large que le Congrès, qui réunit les deux Assemblées.

De Gaulle pour créer cet « arbitre national » tâtonnera : en 1958 il le fera élire par un collège de notables, et, en 1962, au suffrage universel. Michel Debré parlera de « monarque républicain ».

De Gaulle va au-devant des critiques qui lui sont faites de vouloir « un pouvoir personnel ». Il voit au contraire la menace de la dictature dans ce qu’il appelle « le trouble dans l’Etat ». Mais bien davantage il corrèle celui-ci à l’invasion étrangère. Il entend refonder un Etat capable d’empêcher une nouvelle invasion. La Vème République enfantera la dissuasion nucléaire. En 1946 à Bayeux, de Gaulle ne s’est pas encore avisé qu’il y avait pour obtenir la subordination d’un peuple un autre moyen que l’épée : la dette. De Gaulle eût-il accepté d’aliéner la souveraineté monétaire de la France dans une monnaie unique qu’elle ne contrôlerait pas ? C’est une autre affaire.

B/ Défense et illustration du bicamérisme.

Ce passage du discours de Bayeux est une défense classique du bicamérisme.

Une deuxième Chambre, dont pour l’essentiel, les grands électeurs sont désignés par les Conseils généraux, dits aujourd’hui départementaux, et les Conseils municipaux, corrigera l’éventuelle imprévisibilité de l’Assemblée Nationale élue au suffrage universel et fera droit aux aspirations de la vie des collectivités locales.

On a longtemps vu, et sans doute à juste titre, dans cette défense et illustration du Sénat une arrière-pensée conservatrice. Il se pourrait bien qu’à l’avenir le Sénat apparaisse comme un frein utile à la démagogie et joue ce rôle d’équilibre qui est dans sa vocation. Clémenceau, qui avait longtemps combattu le Sénat, le définissait comme « le temps de la réflexion ». Il est vrai qu’entre temps, il était devenu Sénateur du Var.

De Gaulle dans le discours de Bayeux propose d’introduire dans la composition du Sénat des représentants des grandes activités du pays. Il reprendra cette proposition dans le projet qu’il soumettra au référendum en avril 1969. Mis en minorité, le Général de Gaulle se retira en vertu d’un principe implicite : l’arbitre national qu’était le Président de la République devait toujours jouir de la confiance populaire. Cet usage républicain des institutions de la Vème République devait ensuite tomber en désuétude avec la pratique de la cohabitation ou l’affirmation que l’autorité d’un Président de la République n’était pas engagée par le résultat d’un référendum. Quant à la composition du Sénat, elle résulte toujours d’un collège électoral émanant des collectivités territoriales même s’il fait davantage de place aux grands électeurs des Régions, des départements et des communes peuplées. Les sénateurs sont désormais élus à la proportionnelle dans les départements qui élisent au moins trois sénateurs. Le projet d’introduire des socio-professionnels est tombé aux oubliettes. Il est vrai qu’il y a un Conseil économique, social et environnemental qu’il faudrait évidemment supprimer si le précédent projet devait un jour revenir à la surface.

C/ Pour une Vème République un peu plus parlementarisée. [4]

La hantise du Général de Gaulle, c’était le gouvernement des partis, la dissension à l’intérieur même de l’Etat. Aussi va-t-il de soi à ses yeux que le pouvoir exécutif ne saurait procéder du Parlement « sous peine d’aboutir à cette confusion des pouvoirs dans laquelle le gouvernement ne serait bientôt plus qu’un assemblage de délégations ». Et de Gaulle poursuit : « L’unité, la cohésion, la discipline intérieure du gouvernement de la France sont des choses sacrées […]. Comment seraient-elles maintenues […] si chacun des membres du gouvernement n’était, à son poste, que le mandataire d’un parti ? »

J’ai vécu personnellement cette expérience sous le gouvernement de cohabitation Jospin-Chirac où le Premier Ministre tenait son autorité d’une majorité au Parlement entre le PS, le PCF et les Verts. Elle ne mettait pas le gouvernement à l’abri des chantages. J’avais posé moi-même en 1983 cette forte maxime qu’on rappelle souvent : « Un ministre, ça ferme sa gueule, si ça veut l’ouvrir, ça démissionne ». On omet toujours de rappeler dans quel contexte : c’était en février 1983, à la veille d’un arbitrage décisif pour ou contre l’alignement du franc sur le mark plus fort, surévaluation qui ne pouvait que gravement pénaliser notre industrie, compte tenu des différentiels de compétitivité et d’inflation entre les deux pays.
Revenons à De Gaulle : comment faire que « des institutions […] procède l’ordre dans l’Etat » ? Le principe qui fondera plus tard les institutions de la Vème République est posé à Bayeux le 16 juin 1946 : « C’est du Chef de l’Etat placé au-dessus des partis, élu par un collège qui englobe le Parlement, mais beaucoup plus large, que doit procéder le pouvoir exécutif.

Au Chef de l’Etat d’accorder l’intérêt général, quant au choix des hommes, avec l’orientation qui se dégage du Parlement ».

Suit l’énumération de ses missions :
– A lui d’exercer « l’influence de la continuité […] dont une nation ne se passe pas ».
– A lui de « servir d’arbitre au-dessus des contingences politiques, soit normalement par le conseil, soit dans les moments de grave confusion, en invitant le pays à faire connaître par des élections sa décision souveraine… ». On sait que c’est ainsi, par une dissolution de l’Assemblée Nationale, que le Général de Gaulle sortit de la crise de mai 1968.
– « A lui, enfin, s’il devait arriver que la patrie fût en péril, le devoir d’être le garant de l’indépendance nationale et des traités conclus par la France ». Réminiscence de juin 1940. L’article 16 lui confiant les pleins pouvoirs ne fut, en fait, exercé qu’une fois, après le putsch des généraux de l’OAS à Alger le 21 avril 1961, pour une durée de cinq mois, le temps que la rébellion fût définitivement matée.

Comment faire que le Président de la République soit vraiment le garant de l’intérêt général ? Le Général de Gaulle avait taillé un costume à sa mesure. Une fois la crise algérienne surmontée, il s’avisa que, du centre gauche à la droite, de Guy Mollet à Pinay, les chefs des partis qui avaient dominé la IVème République, considérant l’intermède comme terminé, allaient trouver, dans le collège relativement restreint chargé d’élire le Président de la République, la majorité qui leur permettraient de choisir à de Gaulle un successeur. Ce fut le fameux « diner de l’Alma », à l’été 1962. De Gaulle répliqua en soumettant au référendum le projet d’élire désormais au suffrage universel le Président de la République.

Depuis 1965, les Français élisent donc directement au suffrage universel le Président de la République. Ayant exercé huit fois ce pouvoir, il est peu probable qu’ils y renoncent par référendum, et on ne voit pas un Congrès capable de les priver, à la majorité des deux tiers, de cette prérogative : les taux de participation sont plus élevés à l’élection présidentielle qu’à toute autre élection.

Ce mode de scrutin assure-t-il pour autant que le Président de la République devienne ainsi « l’homme de la nation » pour reprendre une autre définition célèbre de la fonction par le Général de Gaulle ? Celui-ci, mis en ballotage par F. Mitterrand au premier tour de l’élection présidentielle de 1965, mesura rapidement que les partis allaient prendre leur revanche en s’adaptant à la présidentialisation des institutions.

Le mode de scrutin majoritaire allait d’abord favoriser la bipolarisation et les partis dit « de gouvernement » allaient présidentialiser leur fonctionnement. Ce fut chose faite, pour le Parti socialiste avec le Congrès d’Epinay (1971), et pour la droite avec la création du RPR par Jacques Chirac au lendemain de l’élection présidentielle de 1974. On se rappelle que Jacques Chirac était le patron du RPR en 1988 et 1995, que Lionel Jospin, à la même date, avait été, sept ans durant, le premier secrétaire du PS que F. Mitterrand avait choisi en 1981 pour lui succéder, que Nicolas Sarkozy s’empara de l’UMP dès 2004 et qu’enfin F. Hollande avait été pendant dix ans premier secrétaire du PS, de 1998 à 2008 avant d’être candidat à l’élection présidentielle de 2012. Conçue pour faire obstacle au retour du gouvernement des partis, la Vème République a fini par y revenir. Tout parti qui veut exister porte un présidentiable à sa tête. A tort ou à raison, la préparation des élections présidentielles donne lieu à d’âpres discussions d’Etats-majors pour savoir, dans chaque camp, qui sera candidat ou ne le sera pas.

Alors, l’intuition initiale du Général de Gaulle n’aura-t-elle tourné qu’à un immense échec, livrant à nouveau l’Etat aux combinaisons des partis ?

Il me semble que la réponse doit être plus nuancée. D’abord l’élection au suffrage universel par le peuple tout entier donne au Président de la République une légitimité incomparable. Il est d’ailleurs frappant que le Président est sorti du rôle qui lui est fixé par la Constitution. Il est devenu, avec le Président Sarkozy, « un président qui gouverne ». On lui a d’ailleurs reproché cette conception d’une « hyperprésidence » et il a été mis en minorité en 2012 par le suffrage universel. Il est vrai que la réduction de sept à cinq ans, décidée en 2001, du mandat présidentiel allait dans ce sens. Ce fut une erreur, je le confesse, pour l’avoir moi-même préconisée à l’époque. Si l’on veut que le Président reste « l’homme de la Nation », le temps long du septennat lui convient mieux que le mandat de cinq ans qui rapproche la France du « temps de respiration » considéré comme normal dans la plupart des autres démocraties. Le peuple français n’est pas n’importe quel peuple.

L’excessive concentration des pouvoirs dans les mains du Président de la République et du gouvernement qu’il nomme a conduit à l’étiolement de la vie parlementaire. Certains en sont venus à préconiser une VIème République. Soit sous la forme d’un régime présidentiel : ainsi Jack Lang préconise-t-il la suppression du droit de dissolution ; soit de manière peu réaliste à mes yeux, sous forme d’un retour pur et simple au régime parlementaire.
Je ne crois pas à ces formules parce que je crois en la sagesse de Solon : « dites-moi d’abord pour quel peuple vous voulez faire des institutions ». Le régime présidentiel, même aux Etats-Unis, conduit à des blocages. Le régime parlementaire en France a, sauf exceptions, au début de la IIIème République, conduit au régime d’assemblée. Celui-ci s’est d’ailleurs révélé comme pouvant donner le meilleur : ce fut le cas avec Clémenceau de 1917 à 1920, ou le pire : juin 1940. On voit bien aujourd’hui qu’avec le multipartisme renaissant en France et ailleurs, les contrats de majorité peuvent tenir bon en Allemagne : ainsi entre le SPD et les Verts de 1998 à 2005 / ou entre la CDU et le FDP de 2009 à 2013 / ou encore à travers une formule de grande coalition CDU-CSU-SDP de 2005 à 2009, et aujourd’hui depuis 2013. Il en va de même en Grande-Bretagne entre les Conservateurs et les libéraux démocrates. Mais cela tient à l’Histoire de ces nations. En France, pays de la Révolution, il en va différemment : ainsi la petite coalition PS-Verts s’est brisée en cours du mandat de F. Hollande et le rabibochage n’est pas sûr. La propension aux querelles gauloises est toujours présente et déconseille un régime d’assemblée dont le peuple aussi bien ne voudrait pas.

Il me semble que nos institutions, en plus d’un demi-siècle, ont montré leur plasticité mais ont aussi beaucoup évolué :

– La législation, dans la majorité des textes adoptés par le Parlement, transpose les directives de Bruxelles, sur lesquelles aucun vrai contrôle démocratique ne s’exerce. La plupart de ces directives sont élaborées à partir de traités obsolètes qui codifient le néolibéralisme triomphant des années 1980-90 – Acte Unique et traités de Maastricht – ou reprennent les dispositions du projet de Constitution européenne rejeté par le référendum du 29 mai 2005 – Traité de Lisbonne adopté en 2008 par un Congrès où la majorité de M. Sarkozy n’a pu l’emporter qu’avec le soutien implicite du PS.
D’énormes délégations de compétences ont été consenties à travers de vrais dénis de démocraties à des oligarchies imprégnées d’esprit néolibéral sur lesquelles, je le répète, aucun contrôle démocratique ne s’exerce. Un dernier exemple : le Traité budgétaire européen négocié en mars 2012 par Nicolas Sarkozy et ratifié en octobre, sous son successeur, sans aucune négociation véritable.

– Une deuxième évolution frappante de nos institutions depuis cinquante ans est caractérisée l’accroissement phénoménal des pouvoirs du Conseil Constitutionnel, véritablement érigé en troisième Chambre. Sa place dans nos institutions et sa composition méritent d’être débattues, repensées et profondément recadrées.

– Le Parlement a rarement été aussi diminué qu’il l’est aujourd’hui. Si je ne suis pas pour ma part partisan d’une VIème République, je suis partisan d’une Vème République plus parlementaire, bref d’un retour aux sources de la Constitution de 1958.
Le Président doit redevenir à la fois l’homme de la Nation et un arbitre. Un arbitre fort (bien sûr, pas un arbitre sportif !) Il faudrait me semble-t-il renforcer les pouvoirs du Premier Ministre pour tout ce qui ne relève pas des compétences de politique étrangère et de défense qui sont, par excellence, celles du Président de la République.

Un allongement à six ans du mandat présidentiel renforcerait le rôle du Président, au-dessus des partis, et revaloriserait la fonction du Parlement : ainsi seraient mieux marquées les origines et les fonctions différentes du pouvoir présidentiel et du pouvoir de l’Assemblée Nationale. On pourrait aller plus loin : introduire des élections de mi-mandat, comme il existe des élections de « mid-terms », aux Etats-Unis, tous les trois ans et non pas tous les deux ans. Ainsi serait mieux marquée la vocation des différents pouvoirs : Au Président de la République d’assumer la continuité de l’Etat. Au Parlement d’influer sur la législation et sur l’orientation politique générale, en réduisant autant que possible les secousses. Il me semble que celles-ci, prévisibles, pourraient être ainsi mieux amorties. Le pouvoir de dissolution subsisterait selon des modalités ajustées.

Reste l’essentiel : Rien ne remplacera, en fait, la vertu des hommes. Même désigné par un parti, le Président de la République doit se souvenir qu’il est d’abord et avant tout, comme l’avait voulu de Gaulle et comme le réclame le pays, « l’homme de la Nation ».

Enfin, le maintien du droit de dissolution dans les mains du Président de la République ne doit pas faire oublier aux parlementaires qu’ils peuvent censurer, et donc renverser, le gouvernement. Certes, cela n’est arrivé qu’une fois en septembre 1962 : l’Assemblée ayant censuré le gouvernement a été dissoute. Les députés, pour beaucoup, n’ont pas été réélus. Ils se le sont donc tenus pour dit. C’était il y a plus de cinquante ans. Mais l’amour d’un mandat doit-il passer avant l’intérêt général, si tant est qu’on le croit malmené, comme je l’entends dire par quelques députés frondeurs ? C’est peut-être le 49.3 qu’il faudrait abolir. Cela obligerait le gouvernement et la majorité à se mettre d’accord. Il reste en effet une procédure, par laquelle le gouvernement peut engager sa responsabilité devant le Parlement. Cela suffirait. Ou plutôt des hommes courageux suffiraient. Comment imaginer qu’après avoir voté la confiance, les parlementaires refusent un compromis que le gouvernement jugerait nécessaire ? Alors resterait l’arme de la dissolution – la moitié des députés n’étant réélus que pour trois ans par exemple, l’autre pour six. La suppression du 49.3 redonnerait un peu de pouvoir au Parlement. Il faut savoir ce que l’on veut.

Voilà le commentaire que je fais, soixante-neuf ans après, du discours de Bayeux, un vrai discours d’homme d’Etat. Il serait bon de poursuivre le dialogue, en restant à cette hauteur.

Interview d’Henri Fouquereau

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Interview d’Henri Fouquereau* Interrogé par une télévision iranienne,

I) la France peut-elle toujours se dire souveraine ?

Henri Fouquereau: oui sans hésitation, parce qu’elle en possède toujours les moyens, qu’elle se situe toujours dans le peloton de tête des nations
Bien évidemment, la souveraineté des Etats s’est transformée, nous appartenons tous plus où moins à des institution internationales : droits de l’homme, OMC etc mais pour l’essentiel, la France reste souveraine
Deux carcans : OTAN et Ue, pour le premier, le Général de Gaulle a prouvé qu’il était possible de le quitter, qu’il suffisait d’une volonté politique, pour le second, il s’agit d’un traité, qui comme tous les traités peut être défait par un autre traité.

2) Peut-on sortir d’une impasse économique venant des accords européen ?

HF: C’est l’euro qui nous mène dans une impasse, pârce qu’une monnaie ne peut être que le poumon d’une économie et qu’il n’existe pas d’économie européenne, pas plus qu’il n’existe de peuple européen

Regardons les différences : Allemagne 1,5% de la population mondiale, vend pratiquement autant que la Chine 1,4 milliards d’habitants et la Grèce autre Etat membre ne vend rien. S’il existait une économie européenne, les Etats bénéficiaires devraient reverser aux Etats déficitaires, ce qui n’est pas le cas
Il n’existe donc pas d’économie européenne. Trois des Etats membres de l’Ue sont classés séparément dans les six puissances économiques mondiales.
L’impasse économique ne peut donc toucher que des Etats membres

3) Peut-on soutenir l’idée d’une Europe unie alors que la régionalisation et les langues régionales favoriseraient plutôt le communautarisme ?

HF: Je m’oppose à cette expression d’Europe-Unie, car elle supposerait la disparition des Etats. Or chaque Etat existe, la preuve sur le plan de la politique étrangère chacun mène sa propre barque
Madame Merkel ou F. Hollande, lorsqu’ils se rendent en Chine, séparément bien sûr, défendent chacun ses intérêts nationaux, jamais des intérêts européens.

En ce qui concerne les langues régionales, elles ont apporté un plus bien sûr, mais soyons lucides, elles ne sont jamais apprises, connues, utilisées par 2% de la population.
La langue de la République est le français et le restera.

Juste pour terminer ; les dernières élections, deux grands partis PS et UMP se partagent toujours l’essentiel de la vie politique française, les Français donnent quelques fois un coup de semonce, mais ils ne confieront jamais les clés de la maisons France à des partis populistes.

*Henri Fouquereau: Président du RPF et Secrétaire général du Forum Pour la France

Conseils de lecture

Pour beaucoup de gaullistes de gauche ces livres servent de bibles.

L’UDT fera en sorte de les faire rééditer.

René CAPITANT « Ecrits politiques » Flammarion
Louis VALLON « De Gaulle et la démocratie » La Table Ronde
« L’Anti de Gaulle  » Seuil
Marcel LOICHOT « La mutation ou l’aurore du pancapitalisme »

Loichot de-gaulle-et-la-democratie-de-louis-vallon-980388158_ML Capitant h-800-vallon_louis_lanti-de-gaulle_1969_edition-originale_autographe_1_43336

L’anti de Gaulle

Interview de Louis Vallon 5-11-1969 suite à la publication de son livre « l’anti-de Gaulle ».

Louis Vallon: L’anti-de Gaulle c’est quiconque a des réflexes différentes de De Gaulle et par conséquent veut une politique différente de la sienne, ce n’est pas du tout l’équivalent d’anti-gaulliste.

Pierre Dumayet: Qui est la personne désignée ?

Louis Vallon: C’est une personne, vous devinez qui, ce n’est pas la peine de vous le dire. C’est Georges Pompidou qui a des réflexes très différentes du général, ce qui a probablement servit le général, et qui maintenant me paraît donner un tour à la politique française assez différent et surtout à mon avis, pendant une certaine période transitoire, a pris des initiatives dont certains me paraissent condamnables.

Par cette interview, Louis Vallon nous explique à sa façon qu’on ne peut se revendiquer de l’héritage du général de Gaulle si on opte pour une politique différente de celle qu’il a mené.

Il nous explique, donc de ce fait, que le gaullisme n’est pas qu’un terme vide de sens qui peut être interprêté n’importe comment et par n’importe qui. Le gaullisme repose bien sur les convictions et sur la politique opérée par le général de Gaulle.

Sur quoi repose cette politique ?

De Gaulle avait clairement exprimé en quoi elle reposait

-Défense de l’indépendance nationale de la France
-Construction européenne reposant sur la réconciliation avec l’Allemagne et sur la coopération volontaire des nations européennes et non sur l’intégration supranationale.
-Politique européenne indépendante des USA et de l’URSS.
-Séparation des pouvoirs et pouvoir exécutif fort, président au dessus des partis élu pour 7 ans au suffrage universel (afin d’étendre son mandat sur 2 législatures).
-Liens entre le président de la République et le peuple notamment par l’intermédiaire du référendum.
-Refus du clivage gauche-droite et rassemblement du peuple français au delà des clivages politiques et de l’esprit partisan.
-Refus des dogmes politiques reposant sur une 3ème voie entre le libéralisme et le socialisme marxiste, entre le capitalisme et le collectivisme.
-Politique menant vers le progrès économique comme social.
-Mise en place de la macro et micro participation.
-Primauté du politique sur l’économique, le financier, l’administratif, etc.
-Solidarité nationale entre les citoyens et entre les territoires (sécurité sociale, services publics, péréquation, etc.)
-Droit des peuples à disposer d’eux même.

Sur quoi reposait la politique de Pompidou ?

-Politique internationale pro-atlantiste et entré de la Grande Bretagne au sein de l’union européenne.
-Discours portant sur la mise en place d’une monnaie européenne.
-Volonté d’instaurer le quinquenat (tentative échoué)
-Création de l’appellation « majorité présidentielle » transformant, d’après le terme, le Président de la République en chef de la majorité (contrairement au général qui se voulait au dessus des partis). Ce qui amena à la transformation des mentalités partisanes que l’on connait actuellement et à la bipolarisation gauche-droite.
-Réticense déclarée envers le recourt au référendum (en 1972, il en fit certes un, mais peu concluant et qui paraît avoir relevé davantage d’une manœuvre tactique pour tenter de diviser la Gauche que d’une inspiration vraiment gaullienne).
-Politique économique à tendance libérale.
-Conservatisme social notamment par le refus de la participation gaullienne et de la nouvelle société prônée par Chaban Delmas.
-Politique immigrationniste dans le but unique d’une baisse des salaires en France.

Voila toute la différence entre le gaullisme et cette dérive droitière qu’on appelle néogaullisme et qui devrait plutôt s’appeler carrément Pompidolisme.

Les critiques de Louis Vallon envers la majorité Pompidolienne lui valut, selon la logique partisane nouvellement instaurée, d’être exclu de l’UDR.

De Gaulle, le gaullisme et l’extrême droite.

Nous entendons dire par les partisans d’un ralliement à l’extrême droite -ou tout du moins pour certains un travail en commun avec ce camp- que de Gaulle en son temps acceptait n’importe qui en 40 et que « quand il y a le feu dans la maison on ne regarde pas la couleur du pompier ».

Hélas pour ces gens qui ne connaissent visiblement pas l’histoire de notre pays, nous nous voyons obligés de les démentir. Si de Gaulle eu accepté tous Français -d’où qu’ils viennent- pour tenir un fusil afin de libérer la France, il n’en fut pas de même pour la diriger. En effet aucun parti d’extrême droite ne fut représenté au sein du Conseil National de la Résistance et aucune personnalité d’extrême droite ne fut membre d’un gouvernement du général de Gaulle y compris en 1944 dans le gouvernement provisoire de la République*.

Historiquement -sur le point de vu politique- l’extrême droite fut le seul camp a n’avoir jamais travaillé ni de près ni de loin avec le général de Gaulle.

L’extrême droite n’a de cesse été politiquement anti-gaulliste, essayant d’abattre de Gaulle physiquement à plusieurs reprises et de le faire battre à l’élection présidentielle de 1965 en appelant -par l’intermédiaire de leur représentant, Jean-Louis Tixier-Vignancoury- à voter  François Mitterrand au second tour.

Au grand regret de certains, nous avons la tristesse de leur apprendre que la France n’est pas engagée sur son territoire dans une guerre armée et si la lutte doit s’opérer aujourd’hui pour la survie de notre pays, celle-ci doit s’organiser sur le plan politique ! Dans ces conditions ne soyons pas plus royaliste que le roi en voulant travailler, au nom du gaullisme, avec des gens que de Gaulle lui même avait refusé dans ses gouvernements !

Faire le pont entre la France résistante et Vichy fut l’ambition d’une personne comme le général Giraud, vouloir l’imiter signifierait donc ne pas se situer dans l’héritage du gaullisme mais du giraudisme !

Certains viendront alors nous dire « mais peut-être que de Gaulle aujourd’hui s’allierait avec eux ! » si nous ne savons pas ce que ferait de Gaulle aujourd’hui mort, nous savons ce qu’il faisait de son vivant et c’est sur cela que les gaullistes doivent se reposer. On ne peut faire du gaullisme contre de Gaulle !

*
http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Charles_de_Gaulle_(1)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Charles_de_Gaulle_(2)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Charles_de_Gaulle_(3)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Michel_Debr%C3%A9
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Georges_Pompidou_(1)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Georges_Pompidou_(2)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Georges_Pompidou_(3)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Georges_Pompidou_(4)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Maurice_Couve_de_Murville

La loi Macron, Valls et la diplomatie

Manuel Valls a donc utilisé l’article 49 alinéa 3 de nos institutions pour faire adopter le désastreux projet Macron.

Si nous comprenons que des socialistes authentiques puissent désapprouver cette loi, nous ne pouvons que constater que ces mêmes socialistes n’ont pas voté la motion de censure.

Les mandats étant désormais supérieurs aux intérêts de la France, ces députés n’ont pas voulu jouer avec le feu qui aurait probablement conduit à la dissolution de l’Assemblée Nationale et la perte pour nombre d’entre eux de leur mandat de député.

L’article 49-3 a été créé en 1958 dans nos institutions pour empêcher toute action des partis politiques qui tenteraient de bloquer le pouvoir exécutif, bref une mesure pour lutter contre le régime des partis. Hélas les dérives se font connaitre et ceux qui jadis parlaient de coup d’Etat permanent en mentionnant nos institutions sont probablement aujourd’hui ceux qui bâillonnent le plus le parlement.

Une autre solution s’offrait pourtant à Manuel Valls et au Président de la République, le recours au référendum. Mais peut-on réellement penser que ce gouvernement s’amuserait à donner la parole au peuple ? La démocratie s’arrête la où commence les intérêts particuliers !

L’esprit de grandeur et de rassemblement n’habite décidément pas nos gouvernants. Pauvre France !